LES TYPES DE COURONNEMENT

Le couronnement est la partie supérieure d’un bâtiment, qui termine et orne le sommet de la façade, et qui, souvent, lui donne tout son caractère. Dans les quartiers historiques, on retrouve généralement trois types de couronnement : la corniche, la fausse mansarde et le parapet. Un couronnement bien entretenu contribue à conserver le caractère architectural des quartiers et à augmenter la valeur marchande des bâtiments.

LA CORNICHE



La corniche est la moulure horizontale continue qui s’étend sur toute la largeur d’un bâtiment. Elle couronne la façade, mais peut également la diviser. Il s’agit du plus ancien type de couronnement à Montréal.

La corniche est appuyée aux extrémités de la façade sur des pièces en saillie qu’on appelle des corbeaux. Elle est habituellement ornée de consoles de bois plus ou moins ouvragées entre lesquelles se trouvent des appliques ou des formes rectangulaires définies par des moulures. Entre 1850 et 1895, la corniche était faite de bois. Puis, au début du XXe siècle, soit entre 1900 et 1915, la corniche de tôle à motifs est devenue populaire.


Entretien des corniches:

Lors de travaux de réparation, il est rarement nécessaire de remplacer la corniche en entier. S’il faut remplacer certains éléments, il est préférable de s’inspirer des matériaux et des détails d’origine.

Même lorsque le revêtement de maçonnerie doit être remplacé en entier, la corniche peut demeurer en place, car elle ne porte pas sur la maçonnerie.

La corniche doit être construite et installée de façon à bien évacuer l’eau de pluie. Cela permettra d’éviter les infiltrations d’eau qui pourraient endommager la corniche et le mur. Il est également important d’assurer le bon état de la peinture qui protège la corniche afin de la préserver longtemps.

LA FAUSSE MANSARDE



La fausse mansarde est un couronnement sous forme de plan incliné d’une hauteur de deux à trois mètres dont la partie inférieure est en saillie. À Montréal, entre 1885 et 1935, les toits étaient construits en fausse mansarde. Très populaire durant l’époque victorienne, elle est particulièrement ornée et on la retrouve dans une variété de formes.

La fausse mansarde peut comporter des corniches de bois, des lucarnes, des toits en pavillon et/ou des tourelles. Elle comprend plusieurs éléments décoratifs, tels que les crêtes de fonte, les girouettes et les fleurons. De plus, l’agencement et les motifs des toitures d’ardoises sont très particuliers.

Toutes ces composantes jouent un rôle important dans l'expression de la façade. Il convient donc de ne pas les négliger lors de travaux de rénovation.


Entretien des fausses mansardes:

À moins de défauts de conception majeurs, il suffit de remplacer le solin, un ou plusieurs éléments de la corniche, ou le revêtement.

Corniches de bois:

Afin de les mettre en valeur, il faut les peindre et remplacer les pièces brisées ou manquantes.

Couverture d’ardoises:

Les tuiles d’ardoises sont offertes dans une variété de couleurs et de formes («écailles de poisson»). Puisqu’elles sont durables, il est souvent possible de les réparer sans avoir à refaire la toiture en entier. Il serait inapproprié de les enlever ou de les recouvrir de tôle d’aluminium ou de bardeaux d’asphalte.

LE PARAPET



Le parapet est la partie supérieure de la façade, qui se prolonge au-dessus du niveau du toit plat. Populaire entre 1900 et 1935, il s’agit du type de couronnement le plus répandu à Montréal.

Le profil supérieur du parapet n’est pas droit, mais découpé suivant un jeu géométrique dans la pierre et la brique qui est parfois vernissée. Le parapet est souvent plus élevé au centre ainsi qu’aux extrémités où sont situés des pilastres formés à même la maçonnerie. Un capuchon de tôle galvanisée très orné recouvre le parapet qui comporte souvent des ornements particuliers: amphores, sphères, cônes. Il existe plusieurs formes de parapet.


Entretien des parapets:

Lors des travaux, on doit s’assurer de l’étanchéité du parapet et du toit, et changer le solin si nécessaire.

Le solin de tôle qui couronne le parapet comporte presque toujours, à sa base, une bande moulurée qui ajoute au caractère de l’ensemble. Cependant, il est devenu coûteux de former de la tôle moulurée. On doit donc restreindre les détails au minimum. La recherche de solutions de remplacement doit plutôt porter sur le respect de la composition du parapet et du jeu de briques, dans l’expression des pilastres, et dans la variation de hauteur du parapet.

Fréquemment, lors de travaux de rénovation, le parapet disparaît et/ou le parement de brique est refait sans aucun jeu de couleur ou de géométrie. Ce type d’intervention appauvrit le caractère du bâtiment et nuit à l’harmonie architecturale du quartier.

LES ORNEMENTS



Les ornements peuvent se retrouver à plusieurs endroits sur les corniches, les mansardes, au-dessus des parapets et à la cime d’anciennes toitures.

Visant le rétablissement de l'unité figurative de l'édifice patrimonial, la restauration d’éléments architecturaux, comme les ornements, est une opération qui exige beaucoup d'attention et de jugement critique pour déterminer la meilleure manière d'intervenir propre à chaque cas, en tenant compte de la valeur esthétique et historique de chaque élément.

Cette analyse permet d'éviter les erreurs liées à l'esthétique ou à une falsification historique. En fonction des caractéristiques particulières de l'architecture du bâtiment et de l'état des dommages touchant les éléments restants, il existe trois approches possibles : une reconstitution à l'identique, une recomposition par analogie, ou bien une réintégration moderne, de façon contemporaine.


Entretien des ornements:

Trop d’ornements métalliques ont déjà disparu du paysage montréalais. Il est donc essentiel de bien les entretenir afin de les préserver. Ils doivent être décapés régulièrement et repeints avec une peinture anticorrosion.

Dans le cas de pièces manquantes ou brisées, une pièce en bon état peut servir de modèle pour une reproduction fabriquée en atelier.

Par ailleurs, il est acceptable de repeindre d’une autre couleur que le noir, puisque le rouge foncé, le vert bouteille, le brun et le bleu étaient largement utilisés à la fin du XIXe siècle.

ENTRERIEN / RÉPARATION



Exposés aux intempéries et difficilement accessibles, les couronnements sont, malheureusement, bien souvent en mauvais état. Un entretien régulier leur assure une plus grande longévité, puis évite les travaux de rénovation majeurs. Un bon entretien permet également de conserver certains éléments d’origine qui sont plus difficiles à reproduire aujourd’hui, comme la tôle ouvrée, la brique vernissée et les crêtes de fonte.

Avant de procéder à des travaux de façade majeurs, il est important d’évaluer si une réparation, au lieu d’une reconstruction complète, s’avère possible.

Si le couronnement a perdu ses composantes, il est préférable de les reconstituer en s’inspirant de photos d’époque ou de bâtiments voisins ayant conservé leurs éléments d’origine. Les matériaux et les couleurs devraient s’apparenter à ceux d’origine et s’harmoniser avec ceux des voisins.

Les couronnements donnent un cachet original et coloré, propre aux rues de Montréal. Nous aurions donc avantage à les préserver pour que notre ville puisse conserver son charme et son caractère unique.

Lorsque vous entreprenez des travaux, soyez exigeants et prenez le temps de bien faire les choses. Ces éléments importants de l’architecture de nos rues devraient recevoir toute l’attention qu’ils méritent.